Beneath the archway of aerodynamics

janvier 28th, 2012

Attention : ce post comporte des spoilers sur des oeuvres majeures (Zodiac, The Girl With The Dragon Tatoo.)

Les parents de David Fincher l’on emmené pique-niquer sur les berges du lac Berryessa quand il était gosse. Dit comme cela, ça n’a l’air de rien. C’était après le meurtre du tueur du Zodiaque qui avait emporté la jeune Cecelia Ann Shepard (5 coups de couteaux selon la police, 25 selon les journalistes), et mis en danger les jours lourdement tourmentés de son boyfriend Bryan Hartnell. Je ne peux m’empêcher de préciser que ce dernier, quarante ans après l’assassinat de sa petite amie, a finalement été consultant pour la prod du film. Incroyable dévotion des américains à leur art : accepter de travailler, souffrir et lire en soi le plus atroce des passés pour produire un chef d’oeuvre cinématographique – chacun ses priorités, bitches.

Le tueur du Zodiaque cours toujours. Ou bien, il est mort. À titre informatif, et parce que je suis une hardcore serial killer geek - je me dois de vous avertir : des virtuoses de la cryptographie, des vrais, pas des losers d’imposteurs, vont tenter, à l’aide de grands moyens et grâce à la puissance de l’informatique employée à bon escient, de casser le code qui permettrait de connaitre, enfin, l’identité du tueur. Fascinant, non ? Ces cryptographes viennent de péter le Copiale, on peut donc penser qu’ils sont en bonne voie pour décrocher le jackpot.

Bref, revenons-en à Fincher. Alors que les hippies validaient le LSD sur les pelouses de Haight-Ashbury et que Janis Joplin commençait à prendre dangereusement des joues, un tueur étrange terrorisait San Francisco. Il laissera à la Bay Area d’amers souvenirs, et quelques sillons assez étranges dans la culture populaire… Le petit David, alors traumatisé par le fait que des policiers surveillent les bus qui l’emmène à l’école chaque matin, fini d’être torturé par ses propres parents qui le trainent sur les traces du tueur à l’occasion d’une sortie familiale, alors que le sang est encore frais sous les chênes qui entourent le plan d’eau.

Combien de cauchemars a-t-il du faire avant de pouvoir se détacher de ça ? Peut-être un millier sans jamais réussir.

Avez-vous remarqué cette scène dans TGWTDT où l’on aperçoit un Mac en gros plan où Mikael Blomkvist s’introduit chez celui qu’il soupçonne très fortement d’être le tueur, et se fait surprendre par ce dernier comme il rentre chez lui. Mikael tente alors de filer en douce tandis que l’autre enflure gare sa bagnole en dérapant sur le gravier avec une violence inouïe et pénètre dans la maison – sans prendre le temps d’aller voir s’il a reçu du courrier, ofc. Mikael réussi presque à filer (et personne ne maitrise le « presque » comme David Fincher) et puis, dans sa précipitation et sa maladresse, comme dans un sinistre acte manqué, il chute, bêtement, bruyamment, au fond du jardin du tueur, où l’attendait la forêt, la planque, son salut, sa vie quoi, tout juste à deux pas. Non loin de là ; son hôte aux aguets entend à peine (presque !) le choc sourd, l’aperçoit in extremis depuis la maison, et l’interpelle poliment, en choisissant de laisser transparaître sa surprise mais de rester neutre. Cette scène est déjà un enfer en soi. Je tremble ma race dans mon sweat juste en la décrivant.

Celle qui suit, où Blomkvist décide presque de suivre le tueur dans sa maison provoque chez le spectateur un mal aise dont le périmètre est tellement maitrisé qu’on pourrait le décalquer sur celui qu’est sensé ressentir protagoniste. C’est ce type d’angoisse que l’on ressent aussi avec Zodiac, lorsque Robert Graysmith commence à se sentir effrayé dans la cave du projectionniste, et qu’il tente de lutter contre sa peur, une peur qu’il espère encore irrationnelle. Et le spectateur de sentir passer en lui quelque chose entre le doute, la paranoïa et l’angoisse, une sensation synthétique, mais percutante, comme si elle provenait de la vie réelle.

Presque.

Les émotions qui viennent de l’art, celles qui n’existent pas dans la vie, et qui nous traversent sans faille, comme du courant électrique, lorsque nous faisons face à une oeuvre transcendante, puissante, créée par la main d’un maitre pour s’interfacer avec ce que nous avons de plus délicat et enfoui en nous.

Ces deux films me font ressentir ce type d’émotions, des émotions dont je suis à la recherche en permanence, pour mon plaisir, mon agrément, ma culture, pour me sentir connectée à quelque chose d’important. Je parle de ça très mal, en fin de compte, je ne sais pas si je suis cinéphile, quand on me demande je répond « non » parce que je ne considère pas avoir de vraie culture cinématographique, mais j’aime être « imprégnée » de tout ce qu’un grand film peut me donner, qu’il me traverse complètement, en laissant une marque en moi. C’est un peu le champ lexical du sexe, je vous l’accorde, et pourtant je ne l’ai pas recherché, je viens de m’en apercevoir. À quel moment parle-t-on de cinéphilie ? Quand on couche avec un film ? Ca m’est arrivé plus d’une fois … Idée à creuser. (Note to self : aller lire la page Wikipedia « Cinéphilie ».)

Le seul problème qui me vient à l’esprit en décrivant ces choses-là, qui sont merveilleuses et essentielles, c’est que lorsqu’on y est très sensible, les émotions produites par l’art surpassent toujours celles qu’a la vie à nous offrir. De fait, celle-ci est en proie à l’ennui, elle s’affadit, s’applanit, peut-être jusqu’à devenir sans aspérité, sans intérêt. C’est pour cela qu’il me semble utile d’aller voir, de temps en temps, des nanards, et des navets, ou de lire des bouquins un peu mauvais.

Et pour votre confort, vous constaterez qu’à ce rayon là, ce n’est pas le choix qui manque, pour de vrai. Les artistes – ou ceux qui se prétendent comme tels – n’ont pas tous eu la chance d’embrasser l’absolue nécessité d’être des enfants traumatisés.

I like your sense of humor

novembre 30th, 2011

Le pire dans tout ça c’est que j’aime bien la voix de Lana del Rey, et que sa posture me fais rigoler. Je suis curieuse de savoir où tout ceci va aller, et même si le concept je suis triste au chateau marmont – je suis triste à venice beach – je suis triste à disneyworld – néanmoins, je n’oublie pas de porter une couronne de roses botticellienne et faire mes injections de collagène régulièrement ce qui me permet d’avoir l’air d’une pute même avec mon make up nude grâce à ma duck face permanente #tip me sort par les trous de nez (avec du sang) je pense que je vais probablement m’intéresser à lui courant 2012 comme je l’ai fait pour Gaga en 2010, ceux qui ont vu mes photos Facebook savent, le mal est fait (+95€ le concert à Bercy #how2getscrewedup)

Alors là je dois vous expliquer, j’ai voulu faire une photo comme Cat Power, genre amour-haine avec ma Nation, parce que j’aimerais bien être asimilée à sa classe artistique – j’ai donc essayé de transmettre une émotion complexe mélant exaspération, résignation, tristesse, déception et fatigue devant le drapeau (l’idée c’est que j‘aurais préféré être vietnamienne ou ougandaise, tu vois, au moins je ne serais pas complètement spoiled dès la naissance façon héroïne ellissienne de base…) Bref, manque de bol je sais pas trop faire parce que j’ai foiré mon cours de théatre, du coup j’ai louché, au final c’est raté, la photo est cheum, elle veut rien dire :( J’aurais du être alcoolique d’entrée, comme Cat Power, je serais plus crédible en tant qu’artiste, c’est pas facile tous les jours d’essayer d’avoir l’air de quelque chose *soupir*

Enfin bref. L’essentiel, c’est qu’il se passe des trucs, non ?

Foods and goods

novembre 23rd, 2011

Cher Service Client Telemarket.fr,

Tout d’abord, merci pour votre professionnalisme, votre efficacité, et votre ponctualité absolument incroyable, blah blah blah et j’en passe. Vous êtes très bons, sûrement les meilleurs, il ne sera pas directement ici question de vos services (même si j’aborderais bien volontiers de menues questions d’ergonomie et de fonctionnalités liées à votre site Web, dans un prochain mail.)

Je souhaitais simplement évoquer le contenu de qualité gracieusement offert avec chacune de nos commandes. De ce que j’ai pu comprendre, ce contenu peut être de deux catégories :

1 – La nourriture, ou assimilé (chocolat, pâtes, solutions de bain de bouche…)
2 – Les produits culturels (magazines.)

Concernant la seconde, je dois avouer qu’elle m’encombre parfois un peu, surtout lorsqu’elle se matérialise sous la forme d’un exemplaire du magazine « Be ». Avec votre bon consentement, j’aimerais donc pouvoir m’en délester au profit de la première (la bouffe.)

Sachez que je conçois tout à fait l’intérêt d’un tel partenariat pour vous (la thune), et que je sais être statistiquement le coeur de cible de punchlines aussi surprenantes et culottées que « Le boy next door est-il pour nous ? » ou encore « Comment booster votre sex-appeal ? » – une question au demeurant tout à fait légitime, ma foi, que je me pose, au moins une fois par mois, comme votre partenaire presse, histoire de me sentir en osmose avec toutes les jeunes femmes de mon âge, qui n’ont, avouons-le, que ce sujet là en tête entre deux grosses réunions de taff bien reloues.

J’appréhende donc vos obligations contractuelles, mais je dois avouer que je préfèrerais recevoir plus d’échantillons gratuits (de bouffe) qui me permettent, eux, de découvrir et stocker des produits aussi merveilleux que les Piccolini mini penne aux courgettes et aux épinards de Barilla ou encore ces petits machins au chocolat qui ressemblent plus ou moins à du Crunch mais en forme de petit nuages.

Voyez, dans le but de ménager mes nerfs, je pratique un sport de manière régulière et je veille à mes fréquentations, ce n’est donc pas pour me payer des tronches de poufiasses anorexiques et de la titraille pour mongoliennes sous Prozac en déballant mes yaourts.

(Par ailleurs, je veux bien garder Télé 7 jours dans mes colis, puisque j’estime que c’est un magazine qui fournit une information honnête, utile, et qui je l’avoue, a un petit coté vintage et régressif, puisqu’il me rappelle le salon pré-divorce de mes parents.)

Bien amicalement,

S.

Be n°87 – 18 novembre 2011 #fixed

De Chapi Chapo

novembre 19th, 2011

Souvenez-vous, le générique de la série preschoool Chapi Chapo, avec ses nappes électroniques déclieusement mélancoliques qui arrachent à notre inconscient d’adultes des effluves lysergiques de knackis-mousseline parmis les plus douces.

Saviez-vous que le compositeur de cette musique ésotérique, qui nous a tous observés, fascinés, bouche ouverte, bave au coin, dans le début des années 80, était l’oeuvre de François de Roubaix, un musicien qui a longuement travaillé pour la télévision et le cinéma français avant de terminer sa vie en 1975, un an après avoir habillé le dessin animé précité pour la postérité ? Car si nous nous souvenons tous aussi bien de Chapi Chapo, c’est avant tout pour son fantastique générique – si vous n’êtes pas d’accord, je vous mets au défi de me pitcher UN SEUL PUTAIN D’EPISODE, VAS-Y*.

François de Roubaix, dont l’activité s’étale de 1960 jusqu’à sa mort, est donc entre autres l’auteur de la musique absolument géniale de L’Homme Orchestre, avec Louis De Funès, un autre un grand moment musical de mon enfance. Un jour, il faudrait que je revois tous les films que je regardais petite en boucle sans jamais les comprendre, juste parce que la musique, les ambiances, les situations et les grimaces me plaisaient.

Attendez, que cette envie de post sorti de tout à fait nulle part soit née d’une conversation par mail avec mon auteure-punk-préférée, qui me pensait trop jeune pour connaitre Chapi Chapo, c’est bien ça le plus cool. #inspiration

*Sauf si tu as fait le CEEA, ça ne compte carrément pas.

Humans. Can not compute.

octobre 31st, 2011

Au rayon je ne comprends pas mes semblables, enfin t’façons j’ai arrêté d’essayer, j’aimerais bien savoir ce que c’est d’être comme les gens qui postent des status Facebook dans ce genre là :

bon ben demain operation promenade si pas de boulot!!!!!!!!!!!!

pas pu bosser à grenoble aujourd’hui dingue!!!!!!!!!!!!!à cause de la neige

-10 trop froid rester au chaud!!!!!!!!!!!!!!!!

bientot en vacances!!!!!!!!!!!!!!!

Un jour, des scientifiques correleront la quantité de ponctuation d’exclamation superflue avec d’autres variables (tension, gènes, température de l’habitat, alimentation, QI…), et peut-être pourrons-nous mieux cerner ces grands enthousiastes.

Mais en attendant, tu veux pas t’asseoir et fermer ta gueule ? Tu me fatigues.