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Classic dictionnary

Mercredi, août 3rd, 2011

On trouve la première trace écrite du mot « punk » en 1623, dans Mesure pour mesure de Shakespeare. À l’époque, le mot avait une connotation féminine, synonyme de « prostituée ». Plus tard, « punk » désigna plus généralement quelque chose de bas, de vil, ou encore de débile. Pour les gens, cela voulait dire : débutant, inexpérimenté, fripon, coquin, petit criminel, vagabond, voire rebut, ordure.

Extrait des annexes du roman graphique Trop n’est pas assez d’Ulli Lust.
http://electrocomics.com

Epilogue

Samedi, juin 25th, 2011

Le bouquin de Marie Barbier, sur la digestion, ça a donné un truc comme : « Meh – c’était tellement bon, tellement au dessus du reste et depuis, il s’est passé quoi ? »

Il s’est passé rien. Du coup j’ai absolument souhaité relire mes vieux mags.

Depuis que j’ai pris cette décision, à part regarder un film avec James McAvoy, rien à faire pour m’en détourner. Encore moins depuis ce matin où j’ai vu boyfriend, curieux, se marrer en lisant du Jean Pierre Liégeois, cet espèce d’ancètre de Chris Esquerre ultra raffiné qui se faisait rembourser (par exemple) sa bouteille de Moët et Chandon, prétextant dans une lettre outrée adressée au frabriquant qu’il n’avait pas réussi à sauter sa fiancée parce qu’il était trop fait après s’être torché une bouteille.

À de rares exceptions dues à l’ennui ou au masochisme (les deux en même temps, aussi), je n’ai pas acheté de « féminin » depuis un truc comme… 2004. Je crois que c’est à cette époque que j’ai également cessé de regarder les couvertures. Et depuis cette semaine je rachète les 20 ans « dream team » pour les relire, les chérir et les collectionner. Aujourd’hui j’en ai reçu deux numéros qui font déjà mon bonheur, et puis j’en attends d’autres, le coeur battant chaque fois que j’arrache le papier de l’enveloppe (aww.)

Je tiens à les avoir auprès de moi, comme des reliques, des bases, un pilier de papier rassurant. J’ai fait le deuil de ceux que j’ai balancés, et j’ai accepté d’en racheter quelques uns de temps en temps, et aussi, de ne jamais tous les retrouver.

Pour ceux que je peux avoir, je me dis que même s’ils coutent 15 ou 20 euros (mais parfois seulement 3 ou 4), c’est pas grave, puisque je vais claquer cette somme d’argent sans moufter pour un bouquin ou une bande dessinée, alors, pourquoi pas pour un mag’ qui déchire autant (le présent de l’indicatif n’est pas laissé là au hasard.)

C’est vrai merde, chaque jour ou presque, aux prises avec de multiples questionnements sur ma vie (pour paraître propre demain, dois-je me laver les cheveux ce soir ou demain soir ? pour être heureuse l’heure qui suit, dois-je faire 10 minutes de vélo elliptique ou manger une tartine de Skippy Extra Crunchy ? dois-je faire un enfant avant ou après la ménopause ? etc), je me souviens d’un truc lu dans 20 ans il y a des années.

Il parait incroyable que ce magazine déploie encore autant de puissance et de pouvoir de séduction même et surtout 10 ans après sa mort. J’ai l’impression de parler d’un grand roman.

À moins qu’il ne s’agisse tout simplement de cela : 20 ans est de la littérature. Et dans ma bilblothèque, il mériterait une Pléïade.

Teenage kicks

Mercredi, juin 1st, 2011

Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé

Jean-Jacques Rousseau

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L’ouvrage et son auteure (j’ai appris que l’on disait « coordinatrice », en l’occurence, pour ce type de travail) valait bien que je m’étende quelques minutes sur mon clavier ; voici cinq bonnes raisons d’acheter le bouquin de la providentielle Marie Barbier.

Si vous êtes une ex lectrice assidue du magazine, si êtes passée par la case benne à ordure un jour de ménage de printemps mal inspiré il y a de ça quelques années [ETERNAL REGRETS], tout ce qu’il vous reste de vos 20 ans, c’est sûrement de vagues pseudos de journalistes, l’adresse du mag (Pierre Avia !) et, si vous avez lu et relu certains articles avec ferveur, quelques inoubliables iconos (quelqu’un se souvient du VAT 69 ?) et autres maximes savantes pleines de vérité que vous aurez apprises malgré vous, par coeur.

Il y a des choses qui furent « imprimées » dès les premières lectures, des trucs qui m’ont éduquée et guidée (me guident encore et toujours aujourd’hui.)

Pour moi, 20 ans, c’était « la vérité froide » – et j’aimais qu’on m’explique et me dépeigne cette vérité là. Il faut dire qu’à l’époque, je ne me l’étais pas encore appropriée par mes propres moyens : autostop, révisions du bac, études compliquées, garçons timides, premiers boulots, vie à deux chiante, jeunesse à risque, vie sentimentale abradacabrantesque, week ends sans dormir, psychothérapie, études moins compliquées, autres boulots, lâcher prise, et j’en passe. J’avais pas encore vu le film, mais 20 ans m’avait fait le teasing, bien comme il faut.

Mais stop, à coté de Marie Barbier je cause tièdement de 20 ans et je suis là pour vous vendre son livre (même si son lectorat l’aura déjà trouvé) car c’est une pièce qui vaut le coup, et qui, je l’espère sans secret, sera ré éditée dans une version illustrée.

1. Découvrir l’envers du décor

Coté interviews, Marie Barbier est allée franchement au charbon, et l’on apprend tout sur la rédaction « culte » du magazine (1993-2003 – RIP) ses figures, ses moyens, sa stratégie, son idéologie, son déterminisme, la manière qu’on avait d’y organiser le travail : tout est passé en revue jusqu’aux brêves de couloir, aux moqueries et autres rivalités entre collègues.

Une mine d’or pour toutes celles qui ont été curieuses de ces choses-là et ce sont toujours demandé comment on pouvait s’organiser pour balancer un tel pavé dans la marre chaque mois.

2. Lire des articles que vous n’aviez jamais lus

Aussi bon que recevoir, 40 ans plus tard, une lettre perdue de la part votre amoureux mort au front.

J’ai commencé à lire 20 ans au printemps 1996 (en réalité c’était plus tôt, je m’en rend compte en browsant une base de données d’archive de journaux – je me rappelle de couvertures achetées jusqu’en 1994 ou 1995.) C’était un après-midi ou je n’étais pas au lycée, je l’avais acheté pour la salle d’attente du dentiste. Sur l’autoroute de ma vie culturelle, c’était un peu comme découvrir un Autogrill pour la première fois sur le chemin de Milan, et se faire presser un véritable panini italien à la roquette. À l’époque, je venais de m’envoyer l’intégrale d’Arthur Rimbaud, et la nuit j’écoutais Fun Radio. Autant dire qu’il me manquait un peu de fun niveau lecture. Je vous rappelle à juste titre [STUPEUR] qu’Internet n’existait pas [TREMBLEMENTS].

L’anthologie de Marie Barbier remonte jusqu’en 1993. Ca laisse de la marge niveau inédits, potentiellement plus de 36 24 (18?) mois, dans mon cas : car oui, après l’après-midi chez le dentiste, je n’ai plus jamais manqué un seul rendez-vous avec mon mentor, jusqu’à ce que mort (cérébrale) s’en suive.

3. Relire des articles que vous avez déjà lus

Vous vous en rappeliez, ou vous ne vous en rappeliez plus. Aucune importance, on se fend toujours la gueule pareil, et relire ces textes assassins à 31 ans m’a permis de constater que l’âge n’avait rien à voir là-dedans.

4. Lire certains articles à votre mec

Qu’il comprenne bien ce qu’est une fille extra avertie (il a le droit de rigoler un peu aussi.)

5. Arracher des moments à votre inconscient

Dure nostalgie. Se souvenir, à la relecture d’un article, où l’on en était dans sa vie à cet instant précis, parfois même où on l’avait lu, avec qui. Il n’est pas évident de se reconfronter à ce qui nous a construits. Mais parfois, il est heureux de constater où cela nous a mené.

20 ans – Je hais les jeunes filles, de Marie Barbier, aux Editions Rue Fromentin.

Ellis Bell

Dimanche, avril 3rd, 2011

Hier chez mon ami Julien, autour de notre collection de vinyles commune que nous entretenons au mieux à coup de sessions shopping au Troc de l’Ile de Gémenos, j’ai su que le cultissime « Wuthering Heights » de Kate Bush, qui m’a toujours un peu travaillée, et dont je n’ai jamais compris les paroles, était inspiré du roman du même nom « les Hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë.

Voici comment j’ai appris la chose. Contexte : constatant que la pochette du disque de Kate Bush a un artwork savamment dosée en what the fuck, je la montre à Boyfriend, et il découvre par la même le titre du morceau en écoute.

Boyfriend : Wuthering Heights ? Mais, c’est la traduction anglaise des « Hauts de Hurlevent » (son roman préféré quand il était petit.)
Moi : Vraiment ? Je n’avais jamais fait le rapprochement avec un roman, de quoi ça parle ? Ca va enfin me permettre de comprendre les paroles…
Boyfriend : C’est impossible à pitcher, tu dois le lire.

Notez la complétion parfaite musique – littérature dans mon couple, j’en suis bien heureuse.

Quelques minutes plus tard, pendant que je laisse mes amis débattre de sujets un peu ignorés, me voici sur les pages Wikipedia du roman en question et de son auteure ; le fait qu’une artiste de dix-neuf ans (c’était l’âge de Kate Bush en 1977) réponde cent cinquante ans plus tard à une autre a quelque chose pour moi de fascinant.

Ainsi me voilà avec une nouvelle lubie : une anglaise, contemporaine d’Ada Lovelace, n’ayant jamais connu le succès qu’elle méritait de son vivant, emportée par la tuberculose à trente ans sans le désir d’en réchapper, quand son frère en mourrait deux mois auparavant.

Emily était aussi en grande rivalité avec sa fratrie : sa soeur, Charlotte, plubia un roman, « Jane Eyre », la même année qu’elle, et celui-ci recontrait immédiatement un grand succès. À l’inverse, le génie d’Emily, dont les écrits étaient encore trop sombres et violents pour être appréciés de manière affichée dans une Angleterre pré-victorienne, ne sera reconnu que bien plus tard. Et si aujourd’hui son roman est considéré comme un classique de la littérature anglaise, nous avons là encore une fille extraordinaire, trop en avance sur son temps.

Je crois qu’il ne me reste plus qu’à lire l’unique roman d’Emily, ses poèmes, et voir tous les films qui ont été produits sur sa vie aussi.

Sur ce, je vais voir Sucker Punch (c’est le prochain paso, alors, can’t wait.)

I am what i am

Lundi, novembre 8th, 2010

Voici le livre que j’ai le plus feuilleté quand j’étais petite. On a du me l’acheter avant que je ne sache lire : je ne me souviens pas toujours avoir associé des mots à ces illustrations.

Bon, évidement, ce petit livre a fondé ma curiosité scientifique. Fâcheuse conséquence, ceci n’est pas un blog mode (après tout, chacun ses tares.) À l’époque, je n’avais que peu de notions, j’imagine donc que je m’étais fait ma propre « génèse de l’univers » dans ma petite tête, en assemblant ce qu’on m’expliquait à la maison.

Par exemple : le tramage des illustrations de mes livres d’école en CP ? C’était des molécules, évidement. Mon père m’avait expliqué que les molécules étaient les tous petits éléments qui constituaient la matière – je pensais donc que j’avais le pouvoir de les voir à l’oeil nu, contrairement aux autres enfants de la classe, qui étaient beaucoup trop cons pour se rendre compte de quoi que ce soit, eux (pas de commentaires s’il vous plait.)

Evidement, il y a des pages qui m’ont plus marquée que d’autres.

« Meeeeeeeeh bouuuuh j’ai peur du Soleil, je ne veux pas qu’il grossisse et avale la Terre avant d’exploser »

Dans un prochain post, je vous expliquerai comment, lorsqu’il avait 8 ans, Boyfriend expliquait à sa mère « Pas mal, ce Cha-Quess-PAI-HARE. »

Je dédicace ce post à mon Papa.