Nerdettes ?
Mercredi, mars 28th, 2012Je ne sais pas trop quoi penser de cette page sur laquelle j’ai dégringolé depuis cette colonne du NY Times.
À la base ça part, comme d’habitude, d’un bon sentiment ; on souhaite répandre la bonne parole, pousser l’esprit d’initiative, inssufler l’innovation, et permettre à des gens, en l’occurrence, des filles, d’utiliser la toute puissance informatique pour se faire plaisir dans leur vie (ceux qui savent… savent.)
Pas que le fait d’avoir passé ma première année d’étude post-Bac dans une classe constituée, à l’exception de moi-même, uniquement de garçons (et oui) me donne plus de légitimité qu’une autre pour m’exprimer là-dessus, mais je pense quand même avoir un mot de vécu à dire.
Sur ce site rose-mais-pas-trop (corail is the new pink) où l’on se revendique un peu mixte et ouvert « We welcome all students, though we are focused on reaching women and promoting diversity » il n’y a que des filles qui se sont inscrites en réalité, et sur la homepage, on les isole encore sur des caractéritiques propres totalement inventées (timidité) et sur de mauvaises raisons (minorité.)
Mais soit, imaginons. Raisonnement par l’absurde, et postulat : les filles sont timides, et plus que les garçons. Dans ce cas, s’il vous plait madame, expliquez-moi depuis quand je surpasse plus facilement ma timidité devant une assemblée constituée uniquement d’êtres humains du même genre que le mien ? C’est une loi biologique ? Un principe universel ? Ou peut-être sous entendez-vous que les filles entre elles sont plus indulgentes, et ne se moquent pas ? Vous allez loin.
Je ne suis qu’un cas isolé, mais personnellement, ce qui me met le plus à l’aise, c’est la mixité (j’ai pu le constater en deuxième année.)

Il est bien heureux que certaines filles, comme cette chère Ada Lovelace se soient passées, face à leur génie, de ce genre de considérations sur la timidité, la minorité de genre ou la solitude, sinon nous n’aurions pas Drupal et Siri aujourd’hui. LOL. Sur la photo juste au dessus, on constate par ailleurs qu’Ada n’aimait pas trop les daguerréotypes, mais tout comme vous n’aimez pas être taggés sur vos photos de vomi sur Facebook.
Je crois qu’il faut arrêter aussi de balancer sur cette histoire de minorité. Certes, pour pas mal de raisons, notamment d’hygiène, il serait heureux de voir plus de femmes dans l’informatique.
Pour autant, est-ce qu’être en minorité rend les choses problématiques ou inconfortables ? Bwahah. Chère Maman, c’est avec le coeur lourd que je vous écris depuis la pension : nous sommes vingt filles pour cent garçons, quelle plaie ! C’est vraiment trop difficile, je veux dire, personne ne peut nous prêter de tampons, et nous nous sentons tellement seules ! Pire : comme ils pensent que nous aimons ça, les garçons ne nous parlent que de football toute la journée.
Come on.
Lorsqu’on a envie d’apprendre quelque chose de beau et grand comme interagir pronfondément avec une machine, on regarde juste si on est sur la liste d’admission. On ne s’arrête pas à la proportion de garçons. On ne lit même pas cette donnée.
[...]
Eventuellement, quand on les aime bien, elle vient en bonus, ok.

