Posts Tagged ‘paradigm’

Space and time

Dimanche, mai 13th, 2012

C’était il y a une trentaine d’années, même pas… 27, 26, 25 ?

Je garde au fond de mon cœur quelques fins d’après-midi douces, automnales et privilégiées de mon enfance. Celles où, après tes cours au lycée, tu venais me chercher à l’école, puis m’emmenais au parc avant de rentrer rejoindre Maman, et mon petit frère.

C’était notre rituel à tous les deux, entre père et fille. Personne d’autre. C’était aussi notre parc : il n’y avait jamais grand monde. Nous avions tout le temps et l’espace pour nous. Je crois que toi comme moi, à notre manière et à notre échelle, nous étions heureux.

Nous commençions par le grand toboggan, toujours impressionnant, au moins douze ou quinze mètres de haut, selon mon appréciation d’enfant. Et puis, nous allions faire du tourniquet. Ce tourniquet qui me paraissait si particulier, fait d’un bloc de plastique moulé, vert et blanc, et qui faisait penser à une soucoupe volante posée au sol. Nous l’appelions d’ailleurs ainsi : la soucoupe volante.

Je m’asseyais donc sur le bord de la soucoupe, et je me cramponnais pour me préparer à tourner. Au centre, il y avait un dôme, sur lequel un enfant pouvait se tenir. Tu poussais le tourniquet pour l’entrainer, et tu m’avais expliqué que lorsque j’estimais qu’il allait trop vite, et que je commençais à être un peu effrayée, ce qui ne manquait pas d’arriver, il fallait que je me place sur le dôme, au centre, parce que la « vitesse » y était minimale.

Vu qu’à l’époque les toboggans mesuraient facile quinze mètres et que les lois physiques me passaient au-dessus des couettes, je comprenais mal qu’un tel phénomène soit possible. Cela me paraissait tout à fait étrange et contre-nature. Pourtant, je te croyais. J’avais peur, toutefois, de grimper sur le centre du tourniquet, de glisser, ou d’être complètement terrorisée une fois assise à cet endroit.

Alors, quand je me décidais enfin à essayer, tu me surveillais, m’entourais, m’encourageais, et me faisais remarquer que le mouvement qui me gênait et m’effrayait était moins présent au fur et à mesure de mon déplacement vers le centre de l’engin. En fin de compte, j’y parvenais. Je m’asseyais à nouveau, sur le petit dôme de plastique. L’adrénaline retombait, je prenais la mesure de mes sensations. Ma peur disparaissait avec la force centrifuge, et ne demeurait que le calme, la constance, le plaisir d’observer le parc tournoyer doucement autour de moi, de la manière la plus tranquille et la plus régulière qui soit.

J’aime savoir que ces moments qui étaient les notres ont une existence propre, autonome, éternelle. Ils sont définis quelque part, dans l’Espace et le Temps. Ils ont des coordonnées : x, y, z, t, ils sont réels, recouvrables, relatifs. Ils peuvent ne pas avoir encore survenu, où être entrain de se dérouler. Ils ne se perdront jamais. Quand j’étais petite, j’imaginais que nous serions toujours ensemble, et c’est en réalité bel et bien le cas. Nous serons toujours ensemble dans ces moments-là.

De là où tu es, Papa, sâche que grâce à toi, mon tourniquet est bien élancé. Peu importe où je me trouve sur celui-ci, que ce soit au centre, ou sur les cotés, je te promets que je saurai conserver, coûte que coûte, la grande et belle inertie que tu m’as donnée.

Je t’aime.
Merci.

Ce soir je me fais des coquillettes. Avec toi ?

Jeudi, octobre 20th, 2011

Quand William Gibson a imaginé le concept de cyberspace, un dimanche soir pluvieux dans son apparte de Vancouver, tu avais un an.

En réalité, je ne sais pas si ça s’est vraiment passé comme ça pour lui, mais laissez-moi rêver, laissez-moi imaginer un monde parfait.

Puisque l’invention de ce terme lui a valu un doctorat honorifique de sciences humaines, on imagine aisément qu’il avait vu plus loin qu’une textboard comme Twitter, qui aurait installé un hégémonie de drague molle et de potacherie exténuante via smartphones interposés.

Cela dit, nous sommes sûrement plus heureux comme ça, en furry socks straight from dryer #badass à larver au chaud dans nos canapés, wrappés tel des nems vegan dans nos plaids Ikea, à scroller avec nos doigts sales, à gueuler après le wifi qui rame-encore-ce-soir-putain et à livetweeter la dégringolade de merde sur M6 – plot twist : « et pourtant Malicia se prostitue clandestinement depuis bientôt trois ans pour se payer ses études de stylisme, trois longues années qui laisseront des traces, mais aussi de la … » – plutôt qu’entrain de nous mouvoir en combinaison Body Glove vert bouteille dans une map neon en 3D polygonale dégueulasse tapissée de trames binaires mystérieuses (et cryptées il va de soi.)

This was supposed to be the future – je préfère notre présent, souvent.

Je dédicae ce post à Audrey Pulvar.

Turn it around and ask yourself

Mercredi, août 3rd, 2011

Juin 1905 : Albert Einstein, âgé de vingt-six ans, soumet un article pour publication à la revue scientifique Annalen der Physik. Dans cette étude très technique, il s’attaque à un paradoxe concernant la lumière qui le trouble depuis dix ans.

Et toi, t’as fait quoi, aujourd’hui, connard ?

Precious moments patterns

Mardi, juillet 19th, 2011

Je ne peux même pas ajouter un commentaire à ce strip, tellement je me suis sentie émue en le lisant. Ah si peut être « I am he as you are he as you are me and we are all together » (les Beatles, période mégahippie.)

Merci •❤• – extrait de http://theoatmeal.com/comics/working_home

Straight from Excel

Lundi, juillet 4th, 2011

Sondage réalisé auprès des mes followers Twitter ayant accès à un compte Google+.

Et encore, je me suis pas comptée (je vous laisse deviner où je me place sur le pie chart.)