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Meanwhile

Samedi, septembre 10th, 2011

Ok, y a rien ici depuis un mois.

En attendant, j’ai composé un petit reportage sur la Route du Rock 2011 collection été, ici http://www.madmoizelle.com/la-route-du-rock-2011-revue-57865

the chron

J’ai aussi ajouté des photos de Californie – que j’ai pour la plupart abondemment commentées – à mon flickr, dont j’ai accidentellement retrouvé le mot de passe (merci Yahoo, personne ne te remplace, non personne, ne te remplace, non personne, ne te remplace non.)

GMT

Mardi, mai 17th, 2011

Cette semaine, je suis au Royaume-Uni. Je dis Royaume-Uni, pas « Angleterre » car ça sonne plus « grand », plus mondial, et j’aime bien me souvenir que Vancouver – BC, et Sydney en Australie, ces villes que j’ai tant chéries, sont beaucoup plus près de Londres que de Paris.

C’est mon sixième voyage à Londres, premier pour le boulot. Autrement dit, c’est la première fois que je prend le métro le matin aux heures de pointes avec les gens qui partent bosser, que je ne suis pas dans le scheduling permanent d’activités d’agrément pour occuper ma journée, que je vis « à l’heure » avec les anglais, pas comme une touriste.

Il faut savoir que le matin, dans leur métro, qui est rappelons-le plus confortable que le salon de certains de vos potes, les anglais ont un « chauffeur de plateform ». Enfin, c’est comme ça que j’ai décidé que s’appelait le job de cette personne. Ben ouais.

Un mec dont le boulot est de parler tout le temps, d’animer – en quelque sorte, de dire quel train arrive, ou il va, comment il faut monter dedans s’il vous plais, ne pas trop s’approcher du bord. Y a une petite merde sur la Disctrict line mais ça va passer dans quelques minutes, restez cools, bon voyage. Aussi, de vous renseigner, sans hésitation, et puis de vous rappeler que c’est dans ce train ci que vous devez monter, mademoiselle, bien à vous, de rien, bonne journée, au revoir.

La politesse overdose fait rage de ce coté-ci de la Manche quand tu arrives de Paris. Juste le métro : rien que pour ça, le delta avec l’odeur pisse-souffre du réseau parisien, et la taille des sièges sur lesquels on s’assoit, on comprend tout de suite pourquoi les anglais font moins la gueule.

Et on leur pardonne ce physique volontiers reconnu comme plus disgracieux que la moyenne, même si, j’ai remarqué que lorsqu’un anglais se démerde pour être mignon, il prend pour tous les autres (cf Pete Doherty avant sa période rabla.)

La première fois que je suis venue, j’avais quinze ans, j’ai fait le voyage en bus, puis en ferry, puis en bus depuis Marseille. Pareil au retour quinze jours plus tard. Mon corps s’en souvient. Je n’étais pas spécialement à mon aise en arrivant, physiquement parlant. J’imagine qu’aujourd’hui j’aurais abandonné le délire juste après le tunnel de Fourvière (à Lyon.) Je suis restée deux semaines, c’était pour « apprendre l’anglais ».

Moi l’anglais, je l’ai appris dans les jeux vidéo et en écoutant du grunge, alors les cours niveau sixième, j’en avais un peu rien à battre, si tu veux. Je savais déjà tout ce que racontais le premier album d’Oasis, pas la peine de me refaire le coup des pièces de la maison une par une avec le chat.

Donc les cours, c’était le matin, et on y allait pas. Pas trop au début, plus du tout ensuite. Pas de culpabilité : il y avait tout de même mieux à faire, notamment s’occuper des garçons, et trouver des tees de groupes de rock à Camden. Désolé maman, on faisait quand même les visites et activités culturelles, dans la mesure du supportable « on a le droit de fumer ? »

La deuxième fois, c’était un an plus tard, donc pareil en pire, mais trois semaines cette fois-ci. No comment. Mes parents étaient ravis que le me passionne pour l’Angleterre, parce que c’était « culturel » et que ça paierait sûrement plus tard (895 au TOEIC, no shit tavu) Je savais parfaitement me démerder, la ville était mon petit territoire, et jamais j’aurais demandé à mes parents de m’envoyer en Espagne ou ailleurs, non merci « je suis chez moi ici. » Petit conne (mais tellement heureuse.)

Une après-midi, à cette même époque, je me suis sentie mal en pleine National Gallery, devant un tableau justement intitulé « The Execution of Lady Jane Grey » (si tu cliques sur le lien tu verras que ça n’est effectivement pas très gai comme peinture.)

Ma copine Sandra avec qui je voyageais alors était pas loin, je lui ai dit « ça va pas faut que je sorte mais toi reste ici, t’inquiète » – elle était en grande conversation avec sa target, et même en plein syndrome de Stendhal, j’ai jamais fait rater son coup à personne. Je suis sortie seule du musée dès la première issue que j’ai pu trouver, et me suis jetée dans le premier café qui me paraissait cool.

Il y en avait un juste au coin, avec de gros fauteuils cossus, l’air vraiment confortables. C’est comme ça que j’ai foutu les pieds dans un Starbucks pour la première fois. Mémorable ! Le lieu m’a apporté tout ce que j’attendais en terme de réconfort et de calme. Je me suis enfoncée dans le velours violine et je n’ai plus bronché pendant trois heures, une japonaise calme et tranquille en face de moi, lovée dans son bouquin. Oubliée, Lady Jane Grey. Enfin, un peu.

La troisième fois à Londres, c’était au début des années 2k, avec BFF, coloc’ actuel, une copine et deux autres potes en mode tourisme alternatif et fête. Je crois qu’on avait du faire quelques clubs rock et la visite de nuit de Whitechapel (quartier aux confins duquel je me rend tous les matins ces jours-ci), ambiance Jack The Ripper, tout ça.

À la base, en y allant on faisait les gros macs, genre ouais bon ça doit trop pas faire peur, mais une fois sur place, le truc nous avait refroidi. Sur le parcours, il y avait de vrais panneaux « crime scene » qui n’avait rien à voir avec Jack et tout. AMBIANCE-LOL.

Au retour, on s’était en plus planté de bus, retrouvés je ne sais où, vraiment loin dans un quartier de merde, tard. On croisait des filles avec des trucs vulgaires écrits au khôl sur la peau, genre « baise moi par tous les trous » (je traduis pour vous) bref, tout était normal, et on faisait pas les fiers.

Dans notre auberge de jeunesse, y a avait de la gerbe dans les douches et des lits superposés qui grincent. Nous étions six dans notre dortoir, nous autres et un mec qu’on connaissait pas, qui avait l’air de squatter là depuis un certain temps et de rien foutre de ses journées (un clochard, quoi.) Une copine dormait sur le lit au dessus de lui. Un soir, elle nous a avoué qu’elle était a peu près sûre qu’il s’était branlé en dessous d’elle. Punkitude to the max.

Autre vie, mes twenties plus tard, où je venais passer des weekends pour aller à The End (aujourd’hui fermé) et à Fabric, danser sur du breakbeat, de la drum & bass, et de la techno d’une manière plus générale, en fait.

Je ne faisais que ça et du shopping, très material girl, et j’en garde des souvenirs prodigieux malgré des problèmes touts nuls du genre vol de portefeuille en plein milieu du dancefloor, course effrénée le long de vingt portes dans Gatwick pour chopper un vol, parce que distorsion du temps au Burger King lorsqu’on oublie qu’on est là pour attendre d’embarquer, par exemple. Super souvenir, une fois qu’on a oublié le moment ou on a failli gerber d’avoir couru trop longtemps et trop vite quand on s’est allongée par terre devant le panneau « LAST CALL ».

Une fois, j’ai pris le même avion que Laurent Garnier au départ de Marseille, et nous avons discuté avec lui avant de décoller et puis à l’arrivée aussi. Il faut dire, nous allions le voir jouer là-bas. C’était trop bien, ça faisait vraiment lucky groupie.

Aujourd’hui je viens pour me former sur un outil de weba, et dont je souhaitais apprendre les moindre détails de fonctionnement. C’est chose en cours. Je deviens adulte, on dirait, non ? En plus, j’ai tenu parole, j’ai mangé sainement ce soir après m’être petit suicidée au double bacon cheeseburger la veille. Parce qu’ici, c’est jamais vraiment gagné d’échapper au putain de supermassive black hole de la junk food. Tiens ça me fait penser à une blague :

1. Ta mère est tellement grosse qu’elle courbe l’espace-temps.
2. Yo mama so goth even light can’t escape.

Les science freaks, les fans de « ta mère » et autres goth jokes saurons apprécier les références croisées dans la seconde (bon okay elle est moins bonne que la première, je viens de l’inventer, elle est trop cross-over, mais elle est aussi spéciale dédicasse à Nemi.)

***

Avant de m’y installer, je me demandais quasi tout le temps pourquoi je ne vivais pas à Paris. Finalement, au bout de trop d’années de non sens, et ne trouvant pas de réel épanouissement dans le sud de la France, j’ai fini par y emménager.

Quand je passe à Londres, il m’arrive parfois, au détour d’un parc vert et frais, ou d’une rue particulièrement touchante et bourrée d’histoire, de me demander de la même manière, pourquoi je n’y vis pas. En réalité, sais pourquoi, de manière très pragmatique et parce que je suis attachée à l’Hexagone, au fond. Mais je sais aussi que « mettre Londres de coté » et ne jamais me l’approprier m’enchante.

Parce qu’aujourd’hui, s’il arrive que je râle au sujet de Paris, avec laquelle je vis au quotidien, pour le meilleur et pour le pire, comme on dit, je sais qu’avec Londres, les choses resteront toujours aussi belles, comme pour une histoire d’amour platonique. Je crois qu’il n’y a pas de meilleure comparaison que celle-ci pour expliquer mon attachement à cette ville.

En tout cas, je n’en ai pas trouvé.

Randomly

Mardi, janvier 11th, 2011

- J’ai vu « Don Giovanni » de Mozart à Pragues, dans le théatre même ou il fut créé. Tiens, à ce sujet, saviez-vous que l’on parle de « création » pour la première d’un opéra ? Moi je ne le savais pas. Où alors, c’est Wikipédia qui parle pas français. Franchement, c’est le meilleur opéra qu’il m’est été donné de voir (la meuf elle a vu deux opéras, tsé.) Il est drôle, plein de grosses blagues et tout.

- Fini Battlestar Galactica. I accidentaly the whole saison 4 en trois jours avec Boyfriend. Epic purge lacrymale. Grobad de coming-down. Boyfriend avait acheté une bouteille de champagne pour qu’on la fasse péter après le dernier épisode (c’est ce qu’il fait chaque fois qu’il termine BSG) mais j’étais tellement triste que la série soit finie que j’ai pas eu le courage de me bourrer la gueule. Je suis en deuil, incapable pour l’heure de me tourner vers une autre oeuvre de science-fiction.

- Ait été pour la première fois coincée à l’étranger à cause des avions cloués au sol pour intempéries. On a été logés dans un hotel à la coul, en attendant que les ptits n’avions puissent repartir vers Paris. C’est marrant, quand t’étais à la base parti en cancevas et que t’as pas d’impératifs, ça fait comme un bonus level. Ca donne des trucs comme « vient on retourne dans ce resto pour que je prenne la soupe de petits pois que je regrette tant de ne pas avoir commandé. » Et bon, je me sens un peu plus proche de Clotilde Reiss qu’avant.

- Je me suis chié dessus sur la piste de luge de nuit de Saas-Fée. Pas pu descendre. Trop de vitesse, trop de violence. Repartie par les oeufs. This shit ain’t for me.

- Ait commencé mon nouveau job le 10 janvier. Mon ordi est un macbookpro 15 pouces, plus gros que celui de la maison. Mes collègues sont tous super brillants. La machine à café Nespresso fonctionne avec une carte à puce individuelle. J’apprend un milllion de trucs par jour. Je refais du code, un peu, en plus du reste #happy. Le seul truc que j’ai toujours pas compris, c’est le fonctionnement du RER. Je souhaite qu’O'Reilly se penche sur le sujet dans sa série « HACKS », PLZ.

- Vais avoir 31 ans dans quinze jours, exactement. L’âge ou statistiquement, les filles sont les plus jolies. Ewé. Je compte bien trouver une anecdote statistique sur mon âge chaque fois que je prend un an à partir de maintenant – #diversion

10 random facts : canada

Lundi, juin 29th, 2009

1. le canada rend gentil.
VRAI

si la France vous casse saoule et que vous vous transformez en mégère alcoolique avec pms permanent, allez voir là-bas. les canadiens sont tellement reposants, gentils, humbles et souriants qu’ils vous feront oublier d’être misanthrope ou sarcastique. si vous êtes de nature à détester votre prochain sans présomption d’innocence, vous pourriez tout de même vous adoucir au bout de quelques temps. même les petites vielles dans le bus sont über-cools, vous montrent les flyers du festival de jazz qu’elle vont voir, pour taper la discute, si vous en avez envie (si vous remettez vos écouteurs, elle n’iront pas faire chier pour autant.) tout le monde veut vous aider. les gens disent toujours bonjour, au revoir, et demandent comment vous allez en vous regardant comme s’ils en avaient vraiment quelque chose à foutre, appelez ça de la politesse ou du marketing des services, n’empêche que c’est agréable. si vous demandez votre chemin dans un bar et que sur le moment personne ne sait vous aider, il se pourrait qu’un mec sorte vous poursuivre dans la rue deux minutes et 200 metres plus tard pour vous donner l’info finalement trouvée. dans les clubs, des garçons peuvent vous offrir des verres même pas pour vous draguer (!!!) mais pourquoi alors ? ben, parce qu’ils sont canadiens, et que vous avez l’air d’avoir soif, et qu’ils veulent pas que vous vous déshydratiez où quoi.

2. le canada, c’est beau
VRAI

là, il faut imaginer des flancs de montagnes verdues* aux sommet enneigés plongeant dans le pacifique tiédit par l’été. le lyrisme des paysages risque de vous prendre à plusieurs reprise au ventre. persistence rétinienne et nostalgie en vue.

* si je veux.

3. au canada, il fait froid/frais :
VRAI

même fin juin à la plage, le canada n’est jamais vraiment un endroit ou on s’écrase de chaleur. au moindre coup de vent, vous avez les tétons qui pointent sous votre bikini american apparel. notez que c’est pas mal, de telles températures permettent de bien dormir, rester éveillé et actif, contrairement à nos 35° (qui nous débarrassent bien de quelques vieux chaque été, mais qui restent quand même désagréables pour tout le monde, en fait.)

4. l’accent canadien est facile à comprendre pour les français
VRAI

si tu es plus facile à comprendre pour les français, c’est que tu es nord américain, ou marseillais.

5. au canada, on mange mal, gras, et pas bon
VRAI

où alors on mange des sushis, parce que ça coûte que dalle ici. mais sinon, c’est bel est bien niqué pour vous faire plaisir ou pour faire le régime (à moins de pouvoir vraiment cuisiner et faire le marché toutes les semaines quoi.)

6. le canada rend heureux
VRAI

la vie ici est facile, on travaille moins tard (fin du travail vers 16h30) il y a peu de stress (quand ça se passe mal au taf, pas le temps d’angoisser, on s’est fait virer avant), les gens dans la rue marchent environ 2 fois moins vite qu’à paris même quand ils partent bosser, ils sont plus facilement souriants et moins désespérés par leurs existences, ils ont plus de temps libre, ils font plus de sport, et bouffent moins de bromazepam.

7. les québécois sont drôles
VRAI et FAUX

s’il est toujours hilarant pour nous autres, français, de surprendre au vol quelques mots incongrus et exotiques échappés d’une conversation en french canadian (« tu as perdu les clés du char ? tu me niaises ? si, tu me niaises ! ») les québécois savent aussi être putain de chiants et ils le montrent. même en soirée, et même miivres (moitié ivres.) en effet, leur accent et les expressions very old fashioned qu’ils emploient ne viennent pas toujours à bout de leur lamentables inepties au sujet de l’histoire de l’indépendance ratée de leur territoire depuis le XVIII ème siècle, par exemple.

8. le canada, c’est loin
FAUX

une journée suffit pour se rendre au canada, peu importe où l’on va, car pour les avions, ça ne change pas grand-chose, que l’on se pose à montreal, calgary, ou vancouver (un peu plus ou un peu moins, je vais vous dire, franchement, il s’en tapent.)

9. les canadiens sont mal habillés
FAUX

les canadiens sont très stylés, sauf quand ils ont décidés d’en avoir rien à foutre, ou alors qu’ils sont trop gros pour pouvoir choisir leurs vêtements. un peu comme nous quoi.

10. au canada, on peut manger les meilleurs hamburgers du monde
VRAI

de même pour les cookies, les pancakes, et les tartines de peanut butter.

Lundi, mai 18th, 2009

depuis l’autstralie, j’ai une espèce d’intérêt étrange pour les cables sous-marins (et aussi les roller-coasters.)

ça m’est venu comme ça, une nuit où j’ai appelé ma mère chez elle depuis le téléphone d’un hotel au fin fond du sud de la tasmanie.

après avoir raccroché, j’ai ressenti une sorte de « vertige des distances » en réalisant à quel point il était facile de communiqer avec quelqu’un qui se trouve à 17.000 km. c’était la première fois que j’appellais la france depuis mon départ, et sur le coup, cette sensation de distance m’a vraiment frappée, et j’ai eu envie de visualiser un peu mieux.

je savais alors vaguement qu’il s’agissait d’un truc qui se tramait sous la mer, mais sans plus.

il m’est toujours difficile d’imaginer ces gigantesques cables traversants les océans obscurs, immobiles à même le sol des profondeurs, tandis que transitent par leurs fibres optiques des gigabytes d’information à chaque instant (on parle de « multi-terabit cable systems », en fait.)

un très bon (et long – 56p.) article à ce sujet chez wired « mother earth motherboard« . on y apprend un tas de choses sur le sujet, en voici deux micro extraits :

« Wires warp cyberspace in the same way wormholes warp physical space: the two points at opposite ends of a wire are, for informational purposes, the same point, even if they are on opposite sides of the planet.

[...]

The world has actually been wired together by digital communications systems for a century and a half. Nothing that has happened during that time compares in its impact to the first exchange of messages between Queen Victoria and President Buchanan in 1858. That was so impressive that a mob of celebrants poured into the streets of New York and set fire to City Hall.

It’s tempting to observe that, so far, no one has gotten sufficiently excited over a hot new Web page to go out and burn down a major building. But this is a little too glib. True, that mob in the streets of New York in 1858 was celebrating the ability to send messages quickly across the Atlantic. »