L’idée de ce post m’est venu à l’esprit en lisant ce tweet. Je ne connais pas son auteur(e), nous nous suivons simplement sur Twitter depuis un moment. Je sais seulement qu’elle sort d’une histoire d’amour. Et, qu’apparemment, elle lit beaucoup.
Pour moi, cette pile de bouquin en photo, dans le contexte, ce n’est pas juste un passe temps ou de la déco ; c’est un fil d’ariane : quand on a le coeur brisé, en dehors des heures de travail, il n’y a pas trente-six solutions pour s’en sortir :
- On boit, on sort, on ne dort pas assez, on attrape de la ride précoce, on couche avec 24 connards et on se sent comme une merde
- On lit, on lit, on lit, on pleure dans son lit, et un jour on se réveille philosophe (et toujours aussi jolie.)
Personnellement, même si j’ai parfois donné (vite fait) dans la première option « pour voir » ; je suis plus adepte de la seconde. Voici donc mes lectures de rupture, celles que je recommande, et aussi les raisons pour lesquelles je les ai choisies.
Virginie Despentes : Bye Bye Blondie
Virginie a toujours su dépeindre l’extrême banalité des pertes et fracas dues aux sentiments amoureux. Au milieu de ses histoires, on se sent partie intégrante d’un tout, de cycles, d’allers et venues. Ca remet les idées en place comme une boucle sur un roller-coaster, et pour la suite, on a moins peur. Je ne dis pas ça pour lui faire plaisir quand elle lira (si jamais elle lit), je ne dis pas non plus que je viens de pré-order son nouveau bouquin sur Amazon. Non parce que bon, fangirl a day, fangirl alway’, tsé.
Le Marquis de Sade : Justine ou les Malheurs de La Vertu
Ce n’est pas compliqué d’expliquer pourquoi il faut lire ça quand vous vous mangez un mur à 220 km/h. Il y a tout dans ce bouquin, c’est un putain de manuel des castor juniors ; la première chose à laquelle on pense quand on le ferme c’est « PROFIT. » Vous n’aurez plus envie de vous plaindre de rien. Plus envie de chouiner, d’expliquer. Juste de trouver un autre moyen d’arriver à vos fins.
Stefan Zweig : Marie-Antoinette
Le destin tragique d’une reine teenager (en converses) mal-aimée de son époux puis martyre d’un état embryonnaire et maladroit ; voilà un récit utile pour relativiser une stupide tromperie. Comme jamais, la plume de Zweig est exaltée, animée de purs sentiments d’amour et de compassion pour l’autrichienne : une intemporalité qui donne du baume au coeur dans un siècle où tout semble trop éphémère.
Stéphane Durand : La relativité animée
En cas de déception sentimentale, se pencher sur des concepts de physique moderne a bien des vertus :
- On se rend compte que notre histoire de deux ans, c’est bien peu de choses à l’échelle du romantisme d’un paradoxe des jumeaux.
- On se remémore soudain que l’univers est très, très grand (plenty o’ fish, tout ça.)
- Pour appréhender et comprendre les effets relativistes, y faut se concentrer un peu : du coup, on ne pense plus à l’objet de sa boule dans la gorge : à la place, on réfléchis.
Bret Easton Ellis : Glamorama
Quand on sort d’une histoire un peu hardcore sur le beat, on a plus goût à l’être humain, il faut bien l’avouer. Le couplet, c’est plutôt genre : « sale pute, connard ». Après, ça passe avec la douleur, mais sur le moment, on a tendance à être un poil manichéen. Aussi, on aime bien quand on nous montre qu’il y a tellement pire que les gens qu’on fréquentes, ou que nous-même : ça rassure, ça calme, un peu comme passer de la pommade sur une brûlure. Sinon, qu’est ce que vous foutriez, vous autres, millions de téléspectateurs, devant Confessions Intimes, à cette heure avancée de la nuit ? Et bien, ce roman, c’est ça : une overview de ce qui se fait de pire chez les humains. Une chouette fresque de sang, de foutre et d’égo, le tout directement étalé aux explosifs.
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Enfin, c’est vrai que la lecture c’est bien, que c’est la meilleure chose à faire, mais n’oubliez pas de vous laisser aller parfois (pot de Nutella, être reloues avec vos copains et leur pleurer dessus, tout ça.)

Remater Neon Genesis Evangelion en mangeant du gateau maison : ça marche aussi.
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Je dédicace ce post à toutes les filles qui ont fait gondoler les pages de leurs livres, et pas à cause de l’eau de la piscine.