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Ce soir je me fais des coquillettes. Avec toi ?

Jeudi, octobre 20th, 2011

Quand William Gibson a imaginé le concept de cyberspace, un dimanche soir pluvieux dans son apparte de Vancouver, tu avais un an.

En réalité, je ne sais pas si ça s’est vraiment passé comme ça pour lui, mais laissez-moi rêver, laissez-moi imaginer un monde parfait.

Puisque l’invention de ce terme lui a valu un doctorat honorifique de sciences humaines, on imagine aisément qu’il avait vu plus loin qu’une textboard comme Twitter, qui aurait installé un hégémonie de drague molle et de potacherie exténuante via smartphones interposés.

Cela dit, nous sommes sûrement plus heureux comme ça, en furry socks straight from dryer #badass à larver au chaud dans nos canapés, wrappés tel des nems vegan dans nos plaids Ikea, à scroller avec nos doigts sales, à gueuler après le wifi qui rame-encore-ce-soir-putain et à livetweeter la dégringolade de merde sur M6 – plot twist : « et pourtant Malicia se prostitue clandestinement depuis bientôt trois ans pour se payer ses études de stylisme, trois longues années qui laisseront des traces, mais aussi de la … » – plutôt qu’entrain de nous mouvoir en combinaison Body Glove vert bouteille dans une map neon en 3D polygonale dégueulasse tapissée de trames binaires mystérieuses (et cryptées il va de soi.)

This was supposed to be the future – je préfère notre présent, souvent.

Je dédicae ce post à Audrey Pulvar.

Straight from Excel

Lundi, juillet 4th, 2011

Sondage réalisé auprès des mes followers Twitter ayant accès à un compte Google+.

Et encore, je me suis pas comptée (je vous laisse deviner où je me place sur le pie chart.)

Twitter, I Love You But You’re Bringing Me Down

Lundi, mai 23rd, 2011

Parfois, tu fais une blague sur Twitter, tu es so full of pride parce que la personne non actuellement décédée que tu trouves la plus drôle au monde te félicites vaguement, et que tu en fais rire une autre au passage (tout aussi estimée pour ses talents.)

D’une pierre deux coups, comme dirait le contre-petteur amnésique.
Voici la chronologie des évenements (attention, info-bulles mode on.)

La blague (d’actu, références multivariées, atmosphère amicale) :

Le rire :

Et puis :

♥♥♥

Aller, un petit clip pour oublier ça, sûrement le meilleur jamais réalisé avec un chat.

Que dire de plus. Je viens de lâcher une semaine de salaire sur amazon en matos photo, mais c’est pour le bien de mon esprit (et de mon compte flickr.)

Sur ce, je vais entamer une grêve de la faim pour attaquer The Kooples en justice.
Luv ya back.

The friendfinder effect

Jeudi, avril 28th, 2011

Parfois, au détour d’un moment d’ennui, que ce soit sur LinkedIn, Facebook ou Twitter, il m’arrive de browser mes friendfinders, ces applications tentaculaires aux obscurs algorithmes emplis de fiel et de pus.

Et, pour votre plaisir, je crois que j’ai pu identifier cinq types majeurs de réactions face au « data puke » du trouveur d’amis (car n’oublions pas les québécois.)

a. Wow, j’avais complètement oublié que j’avais couché avec ce mec il y a dix ans
Ou plutôt j’ai couché avec ce mec et je l’ai complètement oublié. Il est même pas noté dans mon petit Moleskine noir. Je l’ajoute ou pas ? Il a pas super bien vieilli, mais on le reconnait toujours. Heureusement que ça n’a pas duré en vrai. Blah blah, bah, mouais, il l’air d’avoir un job un peu chiant, non ? Je me demande s’il a fini par trouver une nana. C’est quoiiii ce costard pourriiiiiii …. faut croire qu’à l’époque je connaissais pas le terme infatuation. Non, c’est vrai, y a dix ans, je ne le connaissais pas. Il m’aurait servi, pourtant. Note pour plus tard, expliquer ça aux enfants.

b. Evidement que je te connais, sale pute
Je te déteste. On a bossé ensemble et tu étais mon cauchemar. Tu étais jalouse ou je ne sais quoi, et tu étais méchante. Je songeais à foutre des trucs dans ton café pour te calmer. Tu étais la lie de mon humanité. Je me contentais de te mépriser parce que je ne pouvais pas faire autrement, mais j’aurais voulu te raser les sourcils dans ton sommeil, formater tes disques durs, poster une photo de toi sur /b/ et annoncer ton suicide avec un hashtag #RIPLOL. Je suis finalement ravie de voir que même photoshopée, tu as toujous besoin de photoshop. Grosse pute.


c. Haaan ! Ca alors ! Sangoane ! Trop bien ! Je me demande ce qu’elle devient
J’add Sangoane illico. Elle m’accepte dans la minute. Sangoane est une internet person, tu vois. Pas pour rien que c’est(ait) ma pote. Elle et moi avons partagé de très grosses barres de rires, à une époque. Nous échangeons quelques messages enthousiastes. Une blague vient, puis une autre, c’est facile. Tu te rappelles de Bouboule ? Tu devineras jamais ! Elle est décédée ! [Rires consommés.] C’est bon de se retrouver ! Nous évoquons l’éventualité d’un café, et puis, on s’oublie et on redevient comme les deux post-inconnues qui s’était perdues de vue, il y a X années, après l’université. Mais, je suis contente de savoir que Sangoane existe encore, pas loin, dans cet Univers qui est le mien, et le sien, mais plus exactement le notre.

d. Tiens donc. Avec lequel de mes amis ce mec est-il en relation et pourquoi ?
Mais en fait on s’en fout, on va pas vérifier, c’est juste que sur le moment le cerveau essaie inconsciemment de deviner.
Next.

e. Hmm. Me rappelle vaguement quelquechose. J’ai du lui envoyer un mail pour un truc en 2007, mais j’en ai rien à foutre alors je vais pas vérifier.
Ça, c’est ce qui arrive 95% du temps.
C’est vrai, ça ne laisse pas beaucoup de % pour le petit a. (bisou chéri ♥.)

Lectures et ruptures

Lundi, août 16th, 2010

L’idée de ce post m’est venu à l’esprit en lisant ce tweet. Je ne connais pas son auteur(e), nous nous suivons simplement sur Twitter depuis un moment. Je sais seulement qu’elle sort d’une histoire d’amour. Et, qu’apparemment, elle lit beaucoup.

Pour moi, cette pile de bouquin en photo, dans le contexte, ce n’est pas juste un passe temps ou de la déco ; c’est un fil d’ariane : quand on a le coeur brisé, en dehors des heures de travail, il n’y a pas trente-six solutions pour s’en sortir :

  • On boit, on sort, on ne dort pas assez, on attrape de la ride précoce, on couche avec 24 connards et on se sent comme une merde
  • On lit, on lit, on lit, on pleure dans son lit, et un jour on se réveille philosophe (et toujours aussi jolie.)

Personnellement, même si j’ai parfois donné (vite fait) dans la première option « pour voir » ; je suis plus adepte de la seconde. Voici donc mes lectures de rupture, celles que je recommande, et aussi les raisons pour lesquelles je les ai choisies.

Virginie Despentes : Bye Bye Blondie
Virginie a toujours su dépeindre l’extrême banalité des pertes et fracas dues aux sentiments amoureux. Au milieu de ses histoires, on se sent partie intégrante d’un tout, de cycles, d’allers et venues. Ca remet les idées en place comme une boucle sur un roller-coaster, et pour la suite, on a moins peur. Je ne dis pas ça pour lui faire plaisir quand elle lira (si jamais elle lit), je ne dis pas non plus que je viens de pré-order son nouveau bouquin sur Amazon. Non parce que bon, fangirl a day, fangirl alway’, tsé.

Le Marquis de Sade : Justine ou les Malheurs de La Vertu
Ce n’est pas compliqué d’expliquer pourquoi il faut lire ça quand vous vous mangez un mur à 220 km/h. Il y a tout dans ce bouquin, c’est un putain de manuel des castor juniors ; la première chose à laquelle on pense quand on le ferme c’est « PROFIT. » Vous n’aurez plus envie de vous plaindre de rien. Plus envie de chouiner, d’expliquer. Juste de trouver un autre moyen d’arriver à vos fins.

Stefan Zweig : Marie-Antoinette
Le destin tragique d’une reine teenager (en converses) mal-aimée de son époux puis martyre d’un état embryonnaire et maladroit ; voilà un récit utile pour relativiser une stupide tromperie. Comme jamais, la plume de Zweig est exaltée, animée de purs sentiments d’amour et de compassion  pour l’autrichienne : une intemporalité qui donne du baume au coeur dans un siècle où tout semble trop éphémère.

Stéphane Durand : La relativité animée
En cas de déception sentimentale, se pencher sur des concepts de physique moderne a bien des vertus :

  • On se rend compte que notre histoire de deux ans, c’est bien peu de choses à l’échelle du romantisme d’un paradoxe des jumeaux.
  • On se remémore soudain que l’univers est très, très grand (plenty o’ fish, tout ça.)
  • Pour appréhender et comprendre les effets relativistes, y faut se concentrer un peu : du coup, on ne pense plus à l’objet de sa boule dans la gorge : à la place, on réfléchis.

Bret Easton Ellis : Glamorama
Quand on sort d’une histoire un peu hardcore sur le beat, on a plus goût à l’être humain, il faut bien l’avouer. Le couplet, c’est plutôt genre : « sale pute, connard ». Après, ça passe avec la douleur, mais sur le moment, on a tendance à être un poil manichéen. Aussi, on aime bien quand on nous montre qu’il y a tellement pire que les gens qu’on fréquentes, ou que nous-même : ça rassure, ça calme, un peu comme passer de la pommade sur une brûlure. Sinon, qu’est ce que vous foutriez, vous autres, millions de téléspectateurs, devant Confessions Intimes, à cette heure avancée de la nuit ? Et bien, ce roman, c’est ça : une overview de ce qui se fait de pire chez les humains. Une chouette fresque de sang, de foutre et d’égo, le tout directement étalé aux explosifs.

***

Enfin, c’est vrai que la lecture c’est bien, que c’est la meilleure chose à faire, mais n’oubliez pas de vous laisser aller parfois (pot de Nutella, être reloues avec vos copains et leur pleurer dessus, tout ça.)


Remater Neon Genesis Evangelion en mangeant du gateau maison : ça marche aussi.

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Je dédicace ce post à toutes les filles qui ont fait gondoler les pages de leurs livres, et pas à cause de l’eau de la piscine.